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dimanche 5 octobre 2008

Citation : Le Maître et Marguerite (Boulgakov), ch.XX

La phrase suivant est la première du chapitre XX. Comme la phrase extraite de Kyoto (Kawabata), je la trouve parfaite.

A travers les branches d'un érable, la pleine lune se découpait dans le ciel pur du soir.

mercredi 1 octobre 2008

Citations : Kyoto (Kawabata)

A la surface de l'eau dérivaient des feuilles de nénuphars.

Voilà une phrase qui ne paie pas de mine mais que je trouve parfaite. Elle coule, elle est limpide, évocatrice, il n'y a rien à retirer. Juste avant, on trouve une autre phrase

Près de la rive poussaient, enchevêtrées, des feuilles d'acore d'un vert tendre.

J'aime bien cette phrase aussi, mais elle me parle moins que la précédente. C'est important de préciser que les feuilles d'acore sont enchevêtrées, mais ça casse (un peu) la fluidité de la phrase. L'image est trop complexe pour être décrite simplement.

Plus loin, une dernière phrase que j'ai relevée :

Les grillons, dans les vases de Tamba ancien, avaient commencé à chanter, doucement.

La traduction est de Philippe Pons, qui est notamment correspondant au Japon pour le journal Le Monde.

Extraits et citations : La Mouette (Tchekhov)

Acte I

De gustibus aut bene, aut nihil.


Soit : Des goûts, on ne parle qu'en bien, ou l'on ne dit rien.

Selon la note explicative de l'édition Babel, cette formule condense deux proverbes latin, l'un disant que "des goûts et des couleurs, on ne dispute point" (De gustibus non est disputandum), l'autre que "des morts, on ne parle qu'en bien ou l'on ne dit rien" (De mortuis aut bene aut nihil). J'ai lu à plusieurs reprises cette citation employée à mauvais escient (?), la personne l'utilisant croyant signifier : "Le goût, on en a ou on n'en a pas." .

Acte I

Il y a deux ans, il a persuadé le vieux d'hypothéquer le domaine... Pour quoi faire ? Quel besoin ? Il a acheté des dindons de race et des petits cochons, et ils ont tous crevé ; il a fait un rûcher hors de prix, et, l'hiver, il a laissé geler toutes les abeilles.

Pas forcément le passage le plus riche de la pièce, mais les "dindons de race et [les] petits cochons" font une bonne réplique.

Acte I

Ce monologue, dit par Nina, est écrit par Tréplev : il s'agit du début d'une pièce qu'il a écrite, et qui est mise en scène au début de La Mouette. Plus tard, le monologue sera répété deux fois.

Les hommes, les lions, les aigles et les coqs de bruyère, les cerfs aux vastes bois, les oies, les araignées, les poissons muets qui vivent dans l'eau, les étoiles de mer et tous ceux que l'oeil ne pouvait voir - en un mot, toutes les vies, toutes les vies, toutes les vies, leur triste cycle accompli, se sont éteintes... Voici déjà des milliers de siècles que la terre ne porte plus un seul être vivant, et cette pauvre lune allume en vain son fanal. Dans les prés, les grues ne s'éveillent plus en criant, on n'entend plus les hannetons de mai dans les bois de tilleuls. Le froid, le froid, le froid. Le vide, le vide, le vide. La peur, la peur, la peur.

Pause.

Les corps des êtres vivants ne sont plus que poussière, la matière éternelle les a changés en pierres, en eau et en nuages, et leurs âmes se sont toutes fondues en une seule. L'âme commune du monde, c'est moi...

Le monologue se poursuit, mais quand il est répété (notamment la troisième fois), Nina s'arrêtant après les bois de tilleuls.